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Les raisons d’un fiasco
Une faillite générale. Après la piteuse élimination de l’Euro 2008, les Bleus ont été catastrophiques en Afrique du Sud. Toutes les belles paroles ont volé en éclats. C’est un échec retentissant pour Domenech qui s’en va par la petite porte et pour des joueurs qui ne se sont distingués que par un isolement, le boycott d’un entrainement et une guerre des clans qui n’a eu de cesse de pourrir la vie du groupe.
Domenech, une fin lamentable
La finale de 2006 semble si loin… Le fait de gloire de Raymond Domenech, cette finale de la Coupe du monde totalement inattendue, lui a permis de rester en poste pendant trop longtemps. Depuis l’Euro 2008, un fiasco déjà, son poste ne tenait qu’à un fil. La qualification acquise in extremis n’a fait que confirmer les difficultés dans le jeu d’une équipe de France qui n’a plus fait sourire ses supporters depuis des années. Il n’y a plus aucune cohérence dans le jeu, la ligne de conduite générale, l’animation, le choix des hommes… Tout pourrait porter à discussion ! Mais lui seul était là pour choisir comme il a si longtemps aimé à le rappeler. Il convient désormais d’assumer un échec retentissant à tous les étages. Sportivement bien sûr mais également au niveau de la communication avec un verrouillage inimaginable, et sans comparaison avec les autres équipes, qui devait protéger le groupe et qui a simplement réussi à le couper du monde et faire grandir une incompréhension générale jusqu’à la rupture. Et dire qu’il a encore osé dire que face à l’Afrique du Sud pour une dernière défaite et une élimination piteuse, il y a "vu des choses intéressantes" ! Jusqu’au bout, il sera resté dans sa logique. Et l’équipe de France est tombée avec lui.
Un jeu en déliquescence
"Les chiffres, ça ne me préoccupe pas. Ce qui compte c’est l’animation," déclarait Raymond Domenech le soir de France-Uruguay (0-0) lorsqu’on lui demandait pourquoi il était passé face à la Celeste en 4-2-3-1 alors que les trois matches de préparation s’étaient inscrits dans un schéma en 4-3-3. L’animation, justement, a été déficiente chez les Bleus dans ce Mondial. Contre les Uruguayens, Gourcuff était chargé d’orienter le jeu mais c’est Diaby qui s’est montré le plus influent lors des phases offensives, Govou et Ribéry étant improductifs sur leur côté. Face au Mexique, Ribéry n’a pas pesé comme accélérateur du milieu, seul Malouda a pu imprimer du rythme, sans réussite et trop seul. Dans ce deuxième match, on eut la nette impression qu’une certaine anarchie régnait dans les rôles que devaient tenir chacun des éléments offensifs, comme une absence de consignes précises ou une volonté de ne pas les appliquer. Sans compter l’énorme déchet sur les coups de pied arrêtés rarement tirés par le même homme. Contre l’Afrique du Sud, Gourcuff a retrouvé sa place de meneur… 26 minutes avant de se faire expulser. Cissé n’a certes pas dézoné façon Anelka mais il n'a pas plus pesé qu'un autre tandis que Gignac a plutôt sombré après l’occasion en argent qu’il gâcha à la 3e minute.
Le coup du bus
La grève de l’entraînement restera comme l’une des images fortes de l’histoire de l’équipe de France. Un coup de massue incroyable sur l’image des Bleus qui ont été à cette occasion la risée du monde entier. Un entrainement public boudé par des joueurs qui faisaient éclater au grand jour leur rage d’avoir perdu un coéquipier pour des raisons qu’ils jugeaient inacceptables, cela n’avait tout simplement aucun sens. "C’est possible qu’on n’ait pas fait le bon choix", ont reconnu de concert Eric Abidal et Florent Malouda après le revers contre l’Afrique du Sud. Patrice Evra, le capitaine, a été plus loin en demandant "pardon" aux supporters pour cet épisode tout en affirmant que Domenech lui avait interdit de venir s’excuser en tant que capitaine la veille du match face aux Bafana Bafana… Il s’avère tout de même que la belle cohésion pour cette grève n’était pas aussi évidente. "Pat Evra a dit que ceux qui souhaitaient descendre pouvaient le faire. Personne n’est descendu ce qui veut dire que tout le monde était d’accord même si on fond d’eux-mêmes ils ne l’étaient pas", a plaidé Abidal. Ce n’était pas aussi simple que ça de défier les tauliers en descendant du bus. De fait, aucun n’a osé, tous ont regretté.
Une spirale négative
L’équipe de France joue mal depuis des années maintenant. A bien y regarder, elle n’a plus réussi un match plein depuis l’Italie au lendemain de la Coupe du monde 2006. La qualification a été traversée la peur au ventre avec un bout de match réussi par ci par là qui a permis de limiter la casse. Les Bleus, rayonnants à Tignes, et vainqueurs dans la foulée d’un bien faible Costa Rica à Lens (2-1) n’ont eu de cesse dans la foulée de décliner jusqu’à prendre un mur en pleine tête en Afrique du Sud. "C’est à partir de la Tunisie et après le match contre la Chine en rentrant de la Réunion qu’on a commencé à se poser des questions, à se rendre compte que ça ne tournait pas rond car le match suivant, c’était la Coupe du monde", avoue Eric Abidal. C’est vrai que préparer une Coupe du monde en faisant match nul contre la Tunisie (1-1) avant de s’incliner contre la Chine (0-1), on a vu mieux pour la confiance. Finalement, les Bleus n’ont jamais réussi à redresser la barre. Chacun a joué pour lui et la conséquence aura été évidente avec un nul pas si mauvais face à l’Uruguay (0-0) et puis deux revers indignes contre le Mexique (0-2) et l’Afrique du Sud (1-2). Dans la défaite, rien ne va. Le groupe n’avait pas d’âme ni le patron (joueur ou staff) pour lui imposer une ligne directrice. On a vu le résultat.
La guerre des clans
Les joueurs de l’équipe de France ont eu beau jeu de clamer l’unité d’un groupe qui était pourtant franchement divisé, cela n’a trompé personne. Ou alors pas longtemps. Ce n’est plus qu’un secret de polichinelle que même les vagues démentis de plus en plus mous tout au long de la compétition ne peuvent occulter. On a longtemps stigmatisé l’attitude de Franck Ribéry, qu’aucune rumeur n’aura épargné tout au long de la compétition, ou encore le côté réservé d’un Gourcuff soit disant en marge du groupe France. Tout cela n’est que la face cachée de l’iceberg d’un hôtel Pezula marqué par les dissensions internes entre les tauliers que l’on pourrait aussi nommer les anciens, les nouveaux, pas vraiment en mesure d’imposer quoi que ce soit, et d’autres dont Toulalan, Lloris, Sagna ou encore Gourcuff. Plusieurs clans, plusieurs vues du football ou plus simplement de la vie… Mais dans une sélection nationale formée de 23 professionnels, les egos et le caractère de gagneur imposent des tensions que seules les victoires peuvent atténuer. Cela n’a pas été le cas. Le symbole de cette mascarade plaidée micro à la main par les joueurs restera le fameux épisode du bus. Une union de façade puisque certains voulaient vraiment s’entraîner. Les clans sont souvent stigmatisés quand une équipe perd. Les Bleus ne font pas exception. Envoyez-nous vos histoires ! Cliquez ici !
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