- actualites

L’Angleterre pavoise
Comme l’année dernière, les quatre clubs anglais engagés cette saison en Ligue des champions seront au rendez-vous des quarts de finale. Si Arsenal a failli passer à la trappe face à la Roma, Chelsea, Manchester United et Liverpool, pourtant face à des adversaires de gros calibre (Juventus, Inter, Real), sont passés sans réellement trembler, donnant l’impression d’un fossé toujours plus grand entre l’Angleterre et le reste de l’Europe…
La phase finale de la Ligue des champions va-t-elle se transformer en une mini-Premier League ? La question mérite une fois encore d’être posée au lendemain de huitièmes de finale qui, comme la saison dernière, ont tourné à la démonstration de force de la part des clubs anglais. En se qualifiant pour les quarts de finale, Chelsea, Liverpool, Manchester United et Arsenal confirment leur carton plein de la saison dernière à ce stade de la compétition, une saison d’ailleurs historique puisqu’ils furent par la suite trois en demi-finales (seul Arsenal avait lâché prise) et deux en finale pour un choc 100% anglais remporté aux tirs au but par Manchester United aux dépens de Chelsea. Ce scénario, qui commence à faire grincer quelques dents en haut lieu, a toutes les chances de se reproduire cette année si l’on considère le scénario des huitièmes de finale.
Car si Arsenal, l’équipe la moins bien classée du quatuor en Premier League (5e), n’a dû qu’à la séance de tirs au but de parvenir à se débarrasser de la Roma, qui était parvenue à effacer son handicap de l’aller (1-0) en marquant très vite par Juan, les autres équipes anglaises n’ont pas vraiment été poussées dans leurs derniers retranchements, donnant l’impression de gérer ce tour comme un match de Championnat face à Wigan, Sunderland ou West Bromwich Albion… A Anfield, Liverpool a ainsi exécuté un Real complètement dépassé à ce niveau (1-0 à Bernabeu, 4-0 au retour), Manchester United, sans être génial, n’a pas réellement tremblé face à une équipe de l’Inter qui, saison après saison, se casse le nez, avec ou sans Mourinho, sur cette Ligue des champions trop haute pour elle (0-0, 2-0), tandis que Chelsea a légèrement tremblé face à la Juventus mardi soir, pour finalement se qualifier grâce à un réalisme qui, autrefois, était l’apanage des équipes transalpines (1-0, 2-2).
Aulas: "Tout un ensemble de choses à modifier"
Bref, le constat est implacable: il y a désormais bien un fossé entre les clubs anglais et le reste de l’Europe, et aujourd’hui, à part le grand Barça, à condition qu’il gomme ses errements défensifs, voire le Bayern, s’il parvient à se transcender, on voit mal quelle équipe pourra enrayer la marche irésistible des équipes d’outre-Manche vers un nouveau triomphe européen. Depuis désormais quatre éditions, la Premier League est représentée en finale de la C1 (deux victoires pour Manchester United et Liverpool, trois finales pour Chelsea, Liverpool et Arsenal) et on voit mal le cru 2008-2009 échapper à la règle. Les raisons de ce déséquilibre ? Elles sont battues et rebattues depuis quelques années: les clubs anglais, grâce aux investissements de milliardaires (Abrahamovich à Chelsea, Michael Glazer à Manchester United, l’Ouzbek Alisha Ousmanov à Arsenal…) ou de fonds de pension (Liverpool), atttirés par la poule aux œufs d’or que représente la Premier League, sont largement les plus riches du monde et il semble que l’on soit peu regardant de l’autre côté de la Manche sur l’endettement des clubs, partant du principe que "the show must go on".
Une fois de plus sorti en huitièmes de finale de la compétition avec l’Olympique Lyonnais (pas par un club anglais…), Jean-Michel Aulas ne s’est pas privé, sitôt la déception digérée, de ressortir son discours tout fait sur le gouffre financier séparant la Ligue 1 de ses voisins européens. "Il faut que tout le monde s’associe à cet échec, que tout le monde s’interroge. Avoir un stade comme le Camp Nou, c’est mieux, cela aide. De plus, la structure fiscale est un atout pour avoir les meilleurs joueurs. Il y a donc beaucoup de déception mais il faut que tout le monde soit solidaire dans la victoire comme dans la défaite. Ce soir, il y a tout un ensemble de choses à modifier au niveau du foot français. Il faut dépasser cet échec pour prendre les bonnes décisions, non seulement à l’OL mais dans l’ensemble du foot français."
Les clubs anglais sont donc riches et attractifs, ce qui leur permet de se payer nombre de joueurs étrangers qui, auparavant, faisaient le bonheur de leurs clubs nationaux. La France est particulièrement touchée par cet exode, elle dont un paquet d’internationaux évolue de l’autre côté du Channel (Malouda, Anelka à Chelsea, Sagna, Gallas, Nasri, Clichy, Diaby, à Arsenal, Evra à Manchester United…), l’Espagne de plus en plus (Torres, Fabregas, Xabi Alonso…), l’Italie, qui parvient traditionnellement à conserver ses meilleurs éléments, moins. En tout cas, cet état de fait n'a pas manqué de faire réagir Sepp Blatter, le président de la Fifa, qui, mercredi en marge du match MU-Inter, s’est publiquement inquiété devant la presse: "Il semble qu'il y ait un déséquilibre. Les clubs les plus riches prennent tous les joueurs, tandis que les autres se battent non pas pour des trophées, mais simplement pour éviter la relégation. Le problème réside dans la grande concentration des meilleurs joueurs du monde en Premier League. Dans le passé, les clubs avaient une identité locale, régionale et nationale mais ce n'est plus le cas. En Angleterre, les clubs n'appartiennent plus aux supporters mais aux investisseurs".
Spalletti: "Les équipes anglaises sont plus calmes"
Le patron du football mondial cherche du coup à faire adopter sa règle du 6+5, obligeant les équipes à aligner au moins six joueurs éligibles à la sélection nationale du Championnat dans lequel ils évoluent, mais pour l’instant, la mesure reste à l’état de projet, creusant toujours plus le fameux fossé. Mais l’argent n’explique pas tout (après tout, le Real, le Barça, l’Inter ou l’AC Milan ne sont pas des "clochards" du football européen), et au sortir des huitièmes de finale de mardi et mercredi, certains ont mis la supériorité anglaise sur le compte d’une histoire d’état d’esprit. Toujours très avisé dans ses commentaires, l’entraîneur malheureux de la Roma, Luciano Spalletti, a ainsi déclaré: "Je pense que les équipes anglaises sont plus calmes que nous, c'est à leur avantage. On a l'impression qu'ils ont moins la pression que nous." Un discours repris en écho par Arsène Wenger, qualifié "ric-rac" aux dépens des Romains: "Je ne dirais pas qu'il y ait une grande différence entre les équipes anglaises et italiennes car toutes les rencontres étaient équilibrées. L'esprit est peut-être différent car nous sommes plus confiants en ce moment. Nous l'avons vu ce soir: nous avons manqué le premier tir au but, mais nous avons continué d'y croire."
Habitués aux joutes d’un Championnat où, malgré les milliards et les stars à gogo, un tacle reste un tacle et un duel aérien se fait tous coudes sortis, les joueurs évoluant en Premier League sont-ils davantage armés psychologiquement pour lutter au très haut niveau européen ? L’explication se tient, et José Mourinho, bien placé pour parler du sujet pour avoir dirigé Chelsea avant de prendre en main l’Inter, ajoute, à propos notamment de Manchester United, tombeur du club milanais: "United a la même équipe que l'année dernière, sauf Berbatov, mais ils jouent maintenant ensemble depuis cinq ou six saisons et sont moins jeunes, plus expérimentés. Ils ont atteint leur plus haut niveau physiquement et mentalement et je pense qu'ils peuvent tout gagner cette saison." En clair, MU, comme Liverpool notamment, a beau être très riche, c’est aussi sa stabilité, tant au niveau de l’effectif que de son staff technique, qui lui permet, saison après saison, d’être présent au plus haut niveau européen. Une leçon à méditer…
Archives
-
31.08.2010 Mercato, on ferme !
Convoité par Fenerbahçe et la Premier League depuis plusieurs semaines, Asamoah Gyan devrait finalement franchir la Manche pour rejoindre les Black Cats de Sunderland pour une somme avoisinant les 14 millions d'euros. Huntelaar et Jurado à Schalke 04, Borriello en prêt à la Juve, Malonga transféré à Monaco et le départ en bonne voie d'Eidur Gudjonhsen pour Fulham, retrouvez les dernières infos transferts minute par minute sur notre site.
Lire la suite -
23.08.2010 Blanc persiste et signe
Comme il l’avait déjà fait auparavant, Laurent Blanc, invité dimanche de l’émission Stade 2, a de nouveaux exprimé sa désapprobation quant aux sanctions infligées aux grévistes de Knysna par la commission d’information de la FFF. Par ailleurs, le sélectionneur a rappelé qu’à ses yeux il n’y avait "pas de cadres incontournables en équipe de France".
Lire la suite -
17.08.2010 Özil atterrit au Real Madrid
Révélation de la Coupe du monde en Afrique du Sud, Mesut Özil jouera la saison prochaine au Real Madrid. Le club de José Mourinho a trouvé un accord avec le Werder Brême pour le transfert de l’international allemand. Selon les médias espagnols, le milieu de terrain aurait signé un contrat de six ans pour un salaire de 5 millions d’euros par an.
Lire la suite -
10.08.2010 Blanc: "Hâte d'y être"
Dix ans après l’arrêt de sa carrière internationale, Laurent Blanc a retrouvé le château de Clairefontaine à l’occasion du premier match de son mandat à la tête des Bleus. Le sélectionneur des Bleus est impatient de se retrouver à mercredi soir pour y affronter la Norvège en amical avant que les choses sérieuses ne débutent le mois prochain avec les qualifications de l’Euro 2012.
Lire la suite -
03.08.2010 Torres, par amour des Reds
La passion de Liverpool cheville au corps, Fernando Torres a lancé un vibrant message sur le site du club, confirmant son envie profonde de rester chez les Reds. Rassuré par les propos de Roy Hodgson et probablement par le maintien de l'effectif en place, l'Espagnol affiche une détermination de nature à ragaillardir les supporters de Liverpool.
Lire la suite -
27.07.2010 City prêt à faire sauter la banque
En froid avec José Mourinho la saison dernière, Mario Balotelli serait en passe de rejoindre la Premier League et le club de Manchester City. Après les 12 millions déboursés par les Citizens pour s’attacher les services de Jérome Boateng. le club du milliardaire Suleiman Al-Fahim aurait trouvé un accord avec l’Inter Milan. Autre dossier brulant, celui de Fernando Torrès...
Lire la suite -
20.07.2010 Löw jusqu’à l’Euro
Troisième de la Coupe du monde 2010, l’Allemagne ne change pas une équipe qui gagne… presque. Joachim Löw, en poste depuis quatre ans déjà, a prolongé son contrat de sélectionneur jusqu’à l’Euro 2012, en Ukraine et en Pologne. La DFB lui accorde une confiance totale. A lui de mener la jeune génération, Özil et Müller en tête, jusqu’au sommet.
Lire la suite -
12.07.2010 Une armada en or
De 2008 à 2010, l’Espagne s’est imposée à l’Europe puis au monde dans le sillage d’une génération exceptionnelle qui, sans atteindre en Afrique du Sud la maîtrise de son sacre européen, a prouvé à l’occasion de cette première victoire en Coupe du monde toute la force de sa philosophie de jeu. 23 champions du monde, tous tendus vers un seul et même projet collectif, que notre rédaction passe au crible pour vous.
Lire la suite -
07.07.2010 Quels hommes pour le "Président" ?
Après le fiasco du mondial sud-africain, l’équipe de France a besoin de repartir sur des bases saines avant de débuter les qualifications de l’Euro 2012. Et c’est bien l’intention de Laurent Blanc. Le nouveau sélectionneur des Bleus devrait opérer un lifting assez sensible à l’occasion du match amical en Norvège le 11 août. Avec quels nouveaux joueurs ? Tentatives de réponses.
Lire la suite -
29.06.2010 Henry au Barça, c'est fini
Tout juste revenu d'Afrique du Sud, où il a brièvement participé à la Coupe du monde 2010 avec l'équipe de France, Thierry Henry a trouvé lundi soir un accord avec Barcelone pour mettre un terme à son contrat. Plus rien n'empêche l'attaquant tricolore de rejoindre les New York Red Bulls, en Major League Soccer...
Lire la suite -
23.06.2010 Les raisons d’un fiasco
Une faillite générale. Après la piteuse élimination de l’Euro 2008, les Bleus ont été catastrophiques en Afrique du Sud. Toutes les belles paroles ont volé en éclats. C’est un échec retentissant pour Domenech qui s’en va par la petite porte et pour des joueurs qui ne se sont distingués que par un isolement, le boycott d’un entrainement et une guerre des clans qui n’a eu de cesse de pourrir la vie du groupe.
Lire la suite -
15.06.2010 Les Bleus prônent le mouvement...
L’équipe de France n’a plus guère le choix. Si les Bleus n’ont pas voulu stigmatiser le secteur offensif après la rencontre face à l’Uruguay, tous ont appelé de leurs vœux davantage de mouvement et de percussion. Il convient néanmoins d’éviter de tomber dans la précipitation comme ce fut parfois le cas devant la Celeste mais la solution, et donc les buts, ne viendra que par une prise de conscience générale.
Lire la suite