PERRIN, "ERREUR DE CASTING"
Un an après avoir pris la succession de Gérard Houllier, Alain Perrin quitte l’Olympique Lyonnais sur un sérieux désaveu, son président Jean-Michel Aulas n’ayant pas hésité lundi à évoquer une "erreur de casting" au sujet de l’ancien Sochalien. Et dire que celui qui sera sans doute remplacé par Claude Puel a réussi un inédit doublé Coupe-Championnat…
Il n’y aura pas de procès, c’est promis. Depuis que l’OL est devenu au début des années 2000 le premier club de France, Jean-Michel Aulas s’était toujours targué de ne jamais avoir limogé d’entraîneur. Il faut un début à tout et après avoir vu Jacques Santini, Paul Le Guen et Gérard Houllier partir de leur propre chef, le patron du club rhodanien a officiellement confirmé lundi au moment de présenter le Camerounais Jean II Makoun à la presse le licenciement de celui qui n’aura donc tenu qu’un an sur le banc lyonnais.
Pour cette première, «JMA» n’a cependant pas voulu de vagues et c’est dans la plus grande discrétion qu’Alain Perrin fait ses valises ce mardi, après avoir signé, selon les termes de son presque ex-patron, "un accord pour qu'il puisse partir dans les conditions que les deux parties souhaitent". Autant dire que les dirigeants rhodaniens sont obligés de mettre la main au portefeuille pour se séparer d’un homme qui n’aura jamais fait l’unanimité au sein du club malgré un soutien présidentiel qui, au final, s’avère de façade.
Car Jean-Michel Aulas a eu des mots assez durs à l’encontre d’Alain Perrin au moment de confirmer un départ que, dans un premier temps, il n'avait pas voulu officialiser, espérant, en vain, une démission de l'intéressé. "C'est probablement une erreur de casting me concernant", a-t-il expliqué, lui, qui une semaine plus tôt, avait évoqué des "dysfonctionnements au niveau du management technique qui ont pesé tout au long de la saison sur le quotidien du groupe professionnel." Ce qu’il a traduit lundi en parlant de "mauvaise adéquation entre les possibilités de l'entraîneur et les ambitions du club."
"Franchir un palier"
Un constat assez curieux au moment où, pour la première fois de son histoire, l’OL est parvenu à réussir le doublé Coupe-Championnat, mais selon Jean-Michel Aulas, ce bilan comptable ne doit pas masquer une autre réalité: "Si les résultats ont été atteints, certains des résultats qualitatifs ne l'ont pas été". En clair, tant auprès des joueurs, que d'une partie du staff ou des dirigeants, il semble que le discours et la personnalité d’Alain Perrin, parfois très «cassant» et acerbe, soient mal passés, d’où la décision de s’en séparer. Les résultats en Ligue des champions ont, à un degré moindre, également pesé dans la balance, Jean-Michel Aulas souhaitant que l’OL retrouve dès la saison 2008-09 une réputation européenne quelque peu ternie cette saison: "Pour franchir un palier, notamment en Ligue des champions, il nous a paru indispensable de changer d’entraîneur", a-t-il encore déclaré lundi.
Voilà donc Alain Perrin (51 ans) de nouveau sur le marché, lui qui vient de remporter trois titres en deux ans (deux Coupes de France, un Championnat, auquel on peut ajouter un Trophée des champions), sa place laissée vacante ne devrait pas le rester longtemps, puisque Claude Puel est attendu dans la semaine entre Saône et Rhône dans un rôle défini il y a une semaine par «JMA», à savoir "entraîneur général à la mission élargie et doté d'un contrat de plus longue durée, qui aura pour objectif prioritaire de faire progresser en Champions League." La feuille de route est prête, il n’y a plus qu’à signer le contrat…













































