McCLAREN HORS PISTE
Son sort aura été scellé sitôt la victoire de la Croatie sur l'Angleterre entérinée par le coup de sifflet final, mercredi soir, à Wembley. Ce jeudi matin, la Fédération anglaise de football (FA) a prononcé le limogeage attendu de Steve McClaren, seize mois après sa promotion aux commandes de la sélection aux Trois Lions. Les Anglais écartés de la phase finale de l'Euro 2008, l'ancien disciple de Sven-Göran Eriksson n'avait pas daigné démissionner pour autant. Jose Mourinho ou encore Fabio Capello sont pressentis pour reprendre le flambeau.
L'intéressé lui-même jugeait que le dernier match éliminatoire de l'Angleterre contre la Croatie devait impérativement se solder par une qualification pour l'Euro. Tout éventuel échec apparaissait alors inexcusable à ses yeux. Et effectivement Steve McClaren n'a pas été excusé par sa fédération. Réunis ce jeudi matin en un concile exceptionnel convoqué dès le terme des débats entre l'Angleterre et la Croatie (2-3), les grands pontes de la FA, ont par la voix de Brian Barwick prononcé le limogeage de celui qui avait initialement pour simple mission de mener les Trois Lions en Suisse et en Autriche.
Un sacerdoce accessible alors que l'Angleterre sortait à peine d'un Mondial allemand honorable, achevé au stade des quarts de finale, et que la présence de la Russie, de la Croatie ou d'Israël dans sa poule qualificative au Championnat d'Europe 2008 ne semblait pas devoir être une entrave à la marche royale. Seulement seize mois après sa prise de fonctions, le bilan de celui qui avait jusqu'alors fait ses classes internationales dans l'ombre de Sven-Göran Eriksson n'est pas très flatteur. En 18 sorties, Steve McClaren n'aura su rapporter que neuf victoires à l'Albion, pour cinq défaites et quatre matches nuls. Forcément insuffisant au vu du talent observé dans les rangs britanniques, du potentiel incarné par les seuls Rooney, Owen, Lampard, Gerrard, Hargreaves, Terry ou Cole.
Capello se porte candidat
Pour la première fois depuis 1994 et la Coupe du monde américaine, l'Angleterre sera absente d'un rendez-vous majeur du football international. Une triste exception qui remonte à 1984 à l'échelle continentale, alors que l'Euro ne dénombrait que huit prétendants au titre. "J'assume toutes les responsabilités. J'ai toujours dit que nous mériterions la place que nous aurions à la fin dans le classement du groupe, et nous ne méritions pas de nous qualifier", plaide Steve McClaren sur la BBC. Un mea culpa qui n'a pourtant pas décidé le coupable idéal de ce fiasco à démissionner mercredi soir. Les 2,5 millions de livres (environ 3,75 millions d'euros) d'indemnités de licenciement qui lui sont dus selon The Guardian aidant très certainement à l'excès de fierté.
Reste désormais à la FA de trouver le stratège providentiel susceptible de rendre ses lettres de noblesse au royaume du ballon rond. Brian Barwick a peut-être déjà livré un indice sur le profil de la perle rare, en affirmant sur la BBC que la nationalité des candidats à la succession de Steve McClaren ne constituait pas nécessairement un critère de sélection. Dans ces conditions, apès le retrait du manager d'Aston Villa Martin O'Neill - pourtant l'un des favoris de la presse britannique - l'ancien technicien portugais de Chelsea José Mourinho ou encore le Brésilien Luis Felipe Scolari pourraient bien compter parmi les plus sérieux prétendants au trône laissé vacant. A moins que Fabio Capello, qui, remercié par le Real Madrid à l'issue de la saison passée avec une Liga en poche, s'est d'ores et déjà porté volontaire selon La Gazzetta dello Sport ("Ce serait un beau défi, une bataille. Et j'ai le bon âge"), ne gagne par sa spontanéité les faveurs de la FA.













































